Robert Denoël, éditeur

Procès civils

 

Robert Denoël avait mêlé inextricablement sa vie privée et ses affaires, ce qui eut pour conséquence que les différentes enquêtes de police portèrent à la fois sur son assassinat et sur ses affaires, qui étaient complexes.

Pour Cécile Denoël et son avocat, Armand Rozelaar, qui ont longtemps considéré que l'assassinat de l'éditeur était lié à des questions d'intérêt, il n'y a qu'une affaire Denoël et, pendant cinq ans, leurs investigations porteront aussi bien sur ses affaires d'édition que sur les circonstances de sa mort.

Pour la justice, il en va tout autrement. L'instruction de l'affaire criminelle avait été confiée le 3 décembre 1945 au juge Ferdinand Gollety.

Celle des procès civils qui opposent Mme Denoël à Jeanne Loviton pour « vol, escroquerie, abus de confiance, faux, usage de faux et abus de blanc seing » était du ressort du juge Jean Bourdon, désigné en janvier 1946 par le Parquet de la Seine.

Il résulte de cette séparation des dossiers, qui n'était pas innocente, une confusion que j'ai tenté d'éviter en restituant, dans la mesure du possible, les éléments qui relèvent du procès pénal au dossier Assassinat, et ceux qui ne concernent que le procès civil au présent dossier Procès.

L'avocat de Jeanne Loviton dans ses procès civils est Hermann dit Raymond Rosenmark, avocat au barreau de Paris depuis le 26 octobre 1906, et ancien conseiller juridique de l'ambassade d'U.R.S.S. à Paris. Né à Paris IXe le 16 janvier 1885, avocat de la cour d'appel, il est « de la Légion d'honneur » depuis 1930 : chevalier le 27 juillet 1930, officier le 18 mars 1939, commandeur le 26 juillet 1950. Il est mort le 2 décembre 1950 à Neuilly. Il fut assisté à plusieurs reprises par Simone Penaud-Angelelli.

Celui de Cécile Denoël est, au civil comme au pénal, Armand Rozelaar [1903-1973], radical-socialiste, remplacé à l'occasion par l'avoué Rocher.