Robert Denoël, éditeur

1923

Février

 

Le 1er : Robert est nommé caporal, grade qui lui est retiré quinze jours plus tard « pour avoir cassé ses arrêts, se croyant obligé, crainte de son père, d’assister à la prise de voile d’une de ses sœurs », selon Robert Beckers.

Au témoignage de sa femme, Robert ne resta pas longtemps à Beverlo : « cet anti-militariste-né y fut un bien piètre soldat. Rapidement, il dut quitter le camp ; il fut envoyé dans un hôpital militaire à Anvers. »

 

 

Octobre

 

Denoël prend une inscription aux cours de Philosophie et Lettres, préparatoires au Droit, à l’université de Liège. Pourquoi ce changement de cap ? Cécile écrit : « Un jour, ayant assisté à une opération grave sur un enfant, cela le toucha si profondément qu'il décida d'abandonner la médecine. Mais il fallait bien continuer ses études. Il opta pour le Droit qu'il commença étant encore sous les drapeaux. »

« Un jour, Denoël m’informa qu’il renonçait à terminer ses études de Sciences et qu’il allait, comme moi, " faire " les Lettres. Nous nous retrouvâmes, mais pas souvent, sur les bancs d’un même auditoire », écrit Georges Poulet.

Robert avait-il été impressionné par les réalités de la médecine, comme le croyait Cécile, ou avait-il cédé à la pression familiale où il était d’usage que l’un des enfants « fasse le droit » ? Ce qui est sûr, c’est qu’il parla plus tard à Champigny de « l’horreur du service militaire ».

 

Décembre

 

Le 4, il est démobilisé. En Belgique, à cette époque, on n’était jamais complètement quitte avec l’armée : quelle que soit l’orientation professionnelle ultérieure, elle pouvait, au cours des dix années qui suivaient son service militaire, rappeler un conscrit pour des « manœuvres ».

A ma connaissance, Denoël n’en fit pas mais, le 1er avril 1926, il fut versé au 2e Corps médical, dont la base était à Gand. Et le 15 janvier 1930, il fut nommé caporal. Ces « avancements » administratifs n’ont habituellement aucune incidence sur la vie des appelés en temps de paix.