Le 6 : Décès de Marcel Sauvage à Nice. Né en 1895, poète, journaliste, membre du jury Renaudot, il avait publié quatre ouvrages chez Denoël entre 1932 et 1938, mais l'un de ses deux titres de gloire fut de recueillir, durant vingt ans [1927-1949], les mémoires de Joséphine Baker. L'autre fut de témoigner en faveur de Pierre Pucheu [1899-1944] : ancien camarade de lycée du ministre déchu, il prit courageusement sa défense lors de son procès.

En juillet 1980 il m'avait envoyé un petit texte curieux à propos de son éditeur, qu'il avait connu dès 1926 à la galerie Champigny :
« J’ai connu Robert Denoël comme vendeur dans une galerie de tableaux, c’est-à-dire bien avant qu’il soit éditeur et nous sommes devenus amis presque aussitôt. Je l’ai, plus tard, beaucoup fréquenté quand, associé avec André [sic] Steele, il est devenu mon éditeur.
C’était un homme jeune, très doux, distingué, d’allure sportive. En tant que journaliste mêlé à la littérature, je me suis permis de lui donner des conseils, notamment pour le Voyage au bout de la nuit de L.F. Céline, qu’il hésitait à publier parce que les plus grands éditeurs avaient refusé le manuscrit. J’ai pu obtenir de faire attribuer à ce livre le Prix Théophraste Renaudot (dont je suis aujourd’hui le doyen du jury) et qui eut un grand succès.
Robert Denoël a su choisir de très bons manuscrits pour sa maison d’édition. Puis, hélas ! la guerre est venue et je dois, à ce propos, certifier qu’il hébergea, entre autres, André Breton [sic pour Louis Aragon ?] - lequel n’hésita pas, plus tard, à le dénoncer en l’accusant, à tort, de collaboration. »